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avril 2019: L’Agriculture intelligente face au climat : Remédier à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle croissante

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Les changements climatiques sont rapidement en train de devenir l’une des principales causes de graves crises alimentaires et représentent un risque majeur pour l’agriculture en régions rurales. Le nombre d’événements météorologiques extrêmes a doublé depuis le début des années 90, soit une moyenne de 213 événements par année de 1990 à 2016. Les effets des variations climatiques (en termes de température et de précipitations) et des conditions extrêmes (comme les sécheresses, les inondations et les tempêtes) touchent surtout les pays où une large proportion de la population dépend de l’agriculture. Cela signifie que les pays en développement seront touchés de manière disproportionnée par les changements climatiques.

Les changements climatiques déterminent déjà les endroits où certains grains peuvent être cultivées. Les événements extrêmes augmentent le risque de perte de production alimentaire et peuvent causer une hausse soudaine des prix, rendant les aliments nutritifs inabordables. Des millions d’agriculteurs et d’agricultrices et leurs familles sont aujourd’hui confrontés à ces risques, en plus de la diminution de l’accessibilité à l’eau et de la qualité des récoltes.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (ODD) préconise une approche intégrée visant à renforcer la résilience envers les catastrophes climatiques (objectif 13), tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre générées par la production alimentaire et en tenant compte de la nécessité d’éliminer l’extrême pauvreté (objectif 1), d’assurer la sécurité alimentaire (objectif 2) et de rendre les systèmes agricoles plus durables.

L’Agriculture intelligente face au climat (AIC)[1] est une approche qui définit les mesures nécessaires pour transformer et réorienter les systèmes agricoles afin de soutenir le développement durable et d’assurer la sécurité alimentaire dans le contexte d’un climat changeant.

L’Agriculture intelligente face au climat vise à atteindre trois objectifs principaux :

  1. Accroître durablement la productivité agricole et favoriser l’augmentation équitable des revenus
  2. Adapter et renforcer la résilience aux changements climatiques à plusieurs niveaux
  3. Réduire et/ou éliminer les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’agriculture (y compris la pêche, l’élevage et les cultures)

L’AIC fournit aux intervenants locaux, nationaux et internationaux les moyens de trouver des stratégies, des technologies et des pratiques agricoles adaptées à leurs conditions locales et régionales. L’Agriculture intelligente face au climat est appliquée à deux points d’entrée différents mais complémentaires : au niveau politique (macro) et sur le terrain, là où les petits exploitants et les grandes entreprises agricoles mènent leurs activités (micro).

Les mesures de l’AIC sont testées « sur le terrain » pour que les petits exploitants et les entreprises agricoles puissent évaluer les options présentées par l’AIC et mettre à profit leurs connaissances préalables. Pour être vraiment efficaces, les institutions nationales et locales devraient appuyer les stratégies factuelles de l’AIC au moyen de politiques, de financement et d’investissements s’y rapportant. L’AIC peut être appliquée de plusieurs façons. Elle peut contribuer à la mise en place de nouveaux systèmes agricoles qui concilient les besoins à court terme en matière de sécurité alimentaire avec la résilience à long terme, comme c’est le cas pour l’agriculture de conservation. Elle peut être un outil d’évaluation et de gestion des risques climatiques par la collecte de données et de preuves permettant de comprendre les principales vulnérabilités du secteur agricole et de formuler des politiques visant à les surmonter. Enfin, l’AIC peut s’appuyer sur les connaissances et les priorités des agriculteurs pour appliquer des solutions intelligentes face au climat.

L’AIC comprend des mesures d’atténuation (la réduction des émissions de gaz à effet de serre) et d’adaptation (la réduction de la vulnérabilité) face aux impacts climatiques. Pour ce qui est de l’atténuation, par exemple, le bétail est à l’origine d’environ 14 % des émissions mondiales, principalement associées à la réaffectation des sols entraînant une augmentation des émissions[2]. Les pratiques de l’AIC peuvent contribuer à réduire les émissions de méthane provenant du bétail par la gestion des terres et l’utilisation d’engrais qui améliorent la séquestration du carbone. En matière d’adaptation, les stratégies de l’AIC comprennent des pratiques et des technologies qui peuvent augmenter l’efficacité de l’utilisation de l’eau et des engrais, augmenter la diversité des cultures et faciliter l’accès à des données météorologiques pour aider les agriculteurs à prendre des décisions éclairées.

CowaterSogema a plus de 32 ans d’expérience en agriculture et en développement rural, et a une grande expertise dans le domaine de l’eau. Nous travaillons avec les collectivités, les gouvernements et les entreprises pour renforcer la résilience : de l’atténuation des émissions par le biais de projets d’énergie renouvelable à la mise en œuvre de mesures d’adaptation pour la gestion de l’eau et d’autres ressources naturelles. Nous aidons les gouvernements et les entreprises à gérer le financement de la lutte contre le changement climatique et à mettre en œuvre des politiques efficaces visant à réduire les risques. Nous soutenons en priorité la transition vers une économie à faible émission de carbone par le biais de projets qui contribuent à protéger les ressources naturelles, tout en soutenant l’emploi et la croissance responsable.

Nous avons développé notre portefeuille en Afrique du Nord et de l’Ouest, où le secteur agricole fait face à des risques de baisse de production, de raccourcissement de la saison des cultures et d’augmentation de la demande en irrigation. Deux exemples de projets illustrent cette expérience.

Le Projet d’arboriculture fruitière en zones irriguées au Maroc de CowaterSogema a été conçu pour favoriser une croissance intelligente face au climat dans le secteur agricole, grâce à l’augmentation de la productivité et à l’amélioration de la transformation et des valeurs ajoutées de certaines cultures fruitières (olives, amandes, figues et dattes). Grâce à l’amélioration des pratiques de gestion des sols et de l’eau dans les zones irriguées, les produits fruitiers sont devenus plus compétitifs sur les marchés nationaux et internationaux et plus résistants aux changements climatiques.

En ayant à la fois développé des solutions techniques et amélioré les capacités des producteurs locaux et du gouvernement, le projet a pu bénéficier directement à plus de 136 000 familles dans les zones rurales du nord, du centre et du sud du Maroc. Pour que l’AIC fonctionne efficacement, il a fallu assurer la coordination et l’intégration de divers secteurs œuvrant dans le domaine des changements climatiques, du développement agricole et de la sécurité alimentaire aux niveaux national, régional et local, afin d’instaurer un environnement politique favorable. Des incitatifs appropriés, tels que des paiements pour les services environnementaux, ou des investissements encourageant les agriculteurs à adopter des pratiques intelligentes face au climat, sont nécessaires pour surmonter les obstacles à l’investissement. Cette approche coordonnée a assuré le succès et la durabilité de notre projet d’AIC au Maroc.

L’utilisation efficace de l’eau est un autre aspect de l’AIC qui peut améliorer l’état des sols et stimuler la production, rendant ainsi le système agricole plus résistant au climat. Au Burkina Faso, notre projet Eau et croissance économique durable au Sahel répond à un criant besoin en eau dans cette région sujette à la sécheresse, une situation qui freine considérablement le développement socio-économique, surtout pour les femmes. Ce faisant, le projet réduit la vulnérabilité des populations locales envers les changements climatiques, en améliorant l’approvisionnement en eau et la gestion de celui-ci. Plus précisément, le projet soutient une production agricole et animale intelligente face au climat à l’intention des producteurs locaux et des groupes de femmes.

CowaterSogema utilise une approche axée sur la demande, dans laquelle des groupes et associations de producteurs locaux, fortement représentés par des groupes de femmes, ont activement conçu des activités faisant partie des chaînes de valeur laitières, animales et maraîchères. Ces chaînes de valeur ont été choisies à cause de leur capacité d’améliorer la sécurité alimentaire, de générer des revenus et de résister aux chocs climatiques. Par exemple, la culture irriguée des légumes utilisant des techniques de conservation de l’eau fournit aux agriculteurs assez d’eau pour produire au moins deux cycles de culture maraîchère par année, alors que la pluie ne suffisait qu’à produire un seul cycle. Plus de 2 500 petits exploitants agricoles l’ont utilisée, augmentant la production agricole d’environ 30 %.

L’agriculture intelligente face au climat offre des façons originales d’assurer la sécurité alimentaire, d’atteindre les objectifs d’adaptation et d’atténuation face aux changements climatiques, et de réduire la pauvreté. Pour mettre en œuvre l’AIC, il faut savoir comment garantir que les politiques nationales et infranationales offrent les incitatifs nécessaires pour soutenir l’investissement dans les exploitations agricoles. Cela requiert une planification globale de l’adaptation et une profonde compréhension des priorités des agriculteurs et agricultrices en tant que gestionnaires des terres. En cette période d’insécurité alimentaire et nutritionnelle croissante conjuguée aux changements climatiques, il est essentiel d’adopter une approche coordonnée tenant compte des réalités quotidiennes des agriculteurs et agricultrices pour relever ces défis et atteindre les objectifs mondiaux qui ont été fixés par les objectifs de développement durable.

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CowaterSogema reconnaît les risques causés par les changements climatiques. Son expertise dans la conception et la mise en œuvre de programmes agricoles intelligents face au climat contribue à améliorer la gestion agricole et les conditions de vie des communautés, tout en renforçant la résilience des systèmes agricoles face au climat. Par le biais d’une approche centrée sur le client, nous travaillons en étroite collaboration avec nos partenaires, les gouvernements et les communautés afin de renforcer les capacités et de trouver des solutions durables qui répondent aux défis liés à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle croissante dans le contexte des changements climatiques.

[1] L’Agriculture intelligente face au climat est une approche établie par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des Nations Unies en 2010.

[2] Herrero, Mario, et al. « Livestock and greenhouse gas emissions: The importance of getting the numbers right. » Animal Feed Science and Technology 166 (2011): 779-782.

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